Bureaux - tertiaire Projets Projets réalisés Rénovation

Des bureaux naturels pour la Banque Mondiale – Paris 16e

Les aménagements de bureaux sont actuellement dominés par la mode du flex office : de grands espaces ouverts, ponctués de canapés de travail et de cabines vitrées pour les réunions et les conf call, des bureaux nomades pour des travailleurs « sans bureau fixe ». Aussi la commande de la Banque Mondiale nous a-t-elle surpris de part son objectif de créer une multitude de petits bureaux individuels pour accueillir une vingtaine de collaborateurs !

Un débat intéressant a animé le démarrage du projet et les premières esquisses : « flex office Vs bureau individuel ». Le flex office permet de rentabiliser et mutualiser l’espace de travail, car on peut installer moins de bureaux que le nombre de collaborateurs (ceux-ci n’étant pas tous dans les bureaux au même moment). Pour autant, vise-t-on réellement un objectif de bien être au travail ? Au delà de l’effet « wahou » procuré par le mobilier design et coloré, quelle qualité acoustique offre un tel espace, notamment par rapport aux appels téléphoniques ? L’impossibilité d’appropriation de son poste de travail par le salarié n’est-il pas un facteur de déshumanisation des bureaux ?

Face à ces enjeux, et en ligne avec les demandes des usagers, le maître d’ouvrage a arbitré en faveur des bureaux individuels. Charge à nous de tirer le meilleur parti de cette disposition, en s’appuyant sur ses avantages, et en estompant les inconvénients.

L’atout principal du bureau individuel est l’intimité qu’il permet de créer, qui favorise la concentration en limitant les nuisances acoustiques et de passage à proximité du bureau. Chaque collaborateur peut également personnaliser son bureau, y ranger ou afficher des choses, peut régler l’intensité de la lumière et de la climatisation.

En revanche, les bureaux sont petits et il a donc fallu dessiner leur aménagement dans les moindres détails : sens d’ouverture de porte, position du bureau, du luminaire, des commandes, calepinage du faux-plafond et des équipements techniques. Par ailleurs, leur desserte nécessite de long couloirs, dont il a fallu améliorer l’ambiance. Nous avons donc multiplié les cloisons vitrées laissant passer un maximum de lumière et permettant des vues vers les fenêtres et l’extérieur. Ces vues sont aussi une façon de se repérer dans le bâtiment et de garder un lien avec l’extérieur : on voit les arbres au printemps, le soleil du matin coté cour, et le couchant coté avenue.

L’acoustique a été particulièrement étudiée avec la mise en place de matériaux très isolants et la gestion des ponts acoustiques entre les différentes pièces (affaiblissement 52 db pour les cloisons et 49 db pour les châssis vitrés et portes). Des panneaux de correction ont été positionnés aux murs et plafonds, et le sol moquette comprend une sous-couche acoustique.

Les matériaux ont été choisis sur des critères écologiques, avec des matières premières recyclées (moquette Balsan en nylon issu d’anciens filets de pêche), qui stockent le carbone (isolant Biofib en fibre végétale, châssis vitrés Montibert en hêtre massif). Les matières premières sont d’origine locale, avec des process de fabrication simples et peu polluants.

Comme souvent dans les projets de l’agence, nous mettons en valeur ces matériaux, qui contribuent à une esthétique naturelle. Preuve en est avec le revêtement mural des salles de réunion (Organoid Wildspitze) posé dans la salle de réunion : des herbes et fleurs des montagnes autrichiennes, cueillies à la main, agglomérées en panneaux, et qui diffusent un léger parfum des champs… Les Alpes tyroliennes au cœur de Paris !

230 m² – études 2 mois + chantier 4 mois – 2018/2019.

Équipe projet : BARN ARCHITECTURE et LHERM GALLIZIA ARCHITECTES, GINKO Bureau d’étude fluides.

Équipe travaux : KRE Concept entreprise tous corps d’état.